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  • La rédaction

Les effets de la Courbe d'Apprentissage

Un frein à la Technologie ?






Mais de quoi parle-t-on ?

La courbe d’apprentissage désigne la modélisation d’un lien, souvent mathématique, entre le coût de production d’un bien et le volume de sa production cumulée. La décroissance du coût de production, à un taux uniforme, trouve sa source dans l’accroissement des connaissances lié à l’accumulation de l’expérience de production.

En gros comme en détail, plus on sait et mieux on produit car plus vite et de meilleure qualité et donc moins cher forcément !


Un poncif dans le domaine du Digital ?

N'enfonçons pas de porte ouverte s'il vous plait! C'est un truisme que de dire que plus on sait et plus on travaille vite et bien. Le digital n'échappe pas à cette règle: passer de la planche à dessin au Design 3D est un progrès incontestable.

Mais cette évidence pose en creux la question de l'effort d'apprentissage et le coût associé.

Combien de temps pour devenir un expert du Design 3D, le roi de la planification 4D, l'estimateur 5D émérite, le risk manager digital de demain etc...

Est-ce que cela dépend de l'âge, de l'expérience, de l'appétence pour la matière numérique protéiforme ? Surement un peu, mais que doit-on retenir ?


La formation : une technique essentielle d'apprentissage !

Il ne faut pas s'y tromper, apprendre par soi-même bien que très louable n'est pas la meilleure façon de s'y prendre. En effet, comprendre (avec tuto ou par une découverte en solo d'un outil en tâtonnant ou avec une aide en ligne) n'est pas apprendre. La session d'apprentissage organisée par un formateur au moyen d'un manuel qu'il va dérouler constitue (dans la mesure où elle est bien structurée) un moyen efficace d'éviter les pièges des mauvaises habitudes.

Les connaissances sont acquises avec une amplitude qu'on ne peut pas avoir quand on est dans le cadre d'une découverte.


L'expérience: une confrontation du réel irremplaçable !

Il y a toujours une première fois. Donc commencer avec un nouvel outil ou une nouvelle technique de travail sur un projet c'est bien entendu appliquer ce qu'on a appris et découvrir tout ce qu'il va falloir apprendre pour faire qu'on voudrait ou ce qu'on nous demande de faire. Plusieurs situation: on se pose la question de nouvelles application avec l'outil ? "ça fait sens". Peut-on le faire ? Comment le faire ? Vers qui se tourner pour poser la question ?

Se rapprocher de son formateur comme d'un mentor ?

C'est une solution intéressante car il possède la connaissance et/ou l'expertise du produit et il a également la pratique, il peut vous guider, vous proposer un échange. Mais bien souvent, il sort de son rôle de formateur et devient un conseil. Cette bienveillance avec laquelle il va vous répondre ne doit pas cacher la difficulté dans laquelle il se met, pour des raisons tout d'abord de disponibilité aussi bien dans le temps accordée à la compréhension de votre besoin que comme dans la réponse qu'il va vous donner s'il veut qu'elle soit opératoire. Aussi, soit il s'en tient à un poncif soit il entre dans un détail mais vous encourage à vous inscrire au cours avancée (étape N°2). Ce n'est pas le moment pour vous, vous êtes en plein milieu de votre projet. Votre énergie ne va pas à l'apprentissage mais à la production.

Ne jamais négliger de payer un support fonctionnel quand on démarre avec une nouvelle application ! Oui elle peut paraitre chère au premier abord, mais c'est la garantie de pouvoir s'appuyer sur un accompagnement lorsqu'on décide de réaliser une nouvelle tâche avec un nouveau produit. Cette formule intéressant offre des perspectives de progression fulgurante à la triple condition: cette offre doit exister, elle est délivrée par une structure compétente, elle est réalisée par la bonne personne.

Il est vrai que les éditeurs peuvent vous proposer des sessions de formation, leur support est éminemment technique (en cas de dysfonctionnement de l'outil) propose-t-il une formule de support fonctionnel ? souvent non . Alors qui ? Le support fonctionnel peut (sans que ce soit obligatoire être assuré par des intégrateurs de la solution). Mais avez-vous acheté chez eux ? Oui/Non ? Si c'est une offre de service à part entière vous pourrez souscrire, si cette offre n'est valable que pour les clients qui leur ont confié l'intégration de l'outil alors vous pourrez ne pas toujours en bénéficier.

Donc le support fonctionnel est une solution mais conditionné aux acteurs du marché qui vous la propose et selon leur offre. Pour autant elle reste une bonne solution

L'assistance au démarrage , c'est une formule qui offre les moyens d'intégrer un expert dans une équipe qui sans faire à la place de cette équipe va la guider. Il est le sachant qu'on interroge comme une référence. Sa mission peut varier en fonction du besoin de l'équipe et des enjeux associés, mais à la fin il est celui qui préviens, conseille, oriente l'équipe, et son rôle de consultant oscille entre l'innovation et le temps dépensé pour la réalisation.


L'autre branche de la solution

Le calcul peut avoir été fait en amont par la direction du projet: on rencontre dès lors deux situations: soit le rapport investissement et succès et supérieur au couple coûts et Risques. Dans ce cas, on mettra les efforts nécessaires pour réaliser le projet: on prendra une assistance au démarrage + un support pour disposer d'une mesure de transition pour accompagner le transfert de savoir-faire avec même de l'accompagnement au changement s'il le faut. Soit le risque et le coût sont plus fort et la direction projet recule. L'investissement reste trop lourd pour le gain espéré. Une aparté pour préciser que cet aspect n'est en réalité qu'un ressenti sans avoir été mesuré objectivement car comme le risque n'est pas couru, il n'y a pas de confrontation entre ce qui est fait d'habitude et ce qui aurait pu être fait autrement (puisque ça n'a pas eu lieu).

Dès lors on assiste à un recul au nom de l'effet de la courbe d'apprentissage ou plutôt du risque qu'elle représente, on ne veut pas mettre en danger le projet donc on recule devant la technologie au profit du confort de nos habitudes et on met en danger l'expérience d'avoir pu faire quelque chose de nouveau et de plus performant. Pessimisme dans le système d'apprentissage, renoncement dans la capacité de ses collaborateurs à apprendre de nouvelles choses, absence de visibilité... Un constat: une stagnation après l'élan suscité par l'intérêt !


La troisième voie ?

Transformer le risque en opportunité ! Comment ? Il ne faut pas considérer que la réalisation n'a d'intérêt que si on la maitrise de bout en bout. Dans une technique de travail il y a bien souvent la réalisation et l'analyse à partir de cette réalisation pour prendre la décision. Si on accepte de confier à un spécialiste la "manipulation" de l'outil mais qu'il agit selon vos directives c'est comme si vous aviez fait le travail. Par contre, vous disposez d'un temps pour procéder aux analyses des résultats et la valeur ajouté provient de votre analyse pas de la réalisation.

En conséquence, faire faire le travail technique et s'approprier le résultat pour bâtir sa décision c'est le moyen le plus sûr de tirer le tiercé dans le bon ordre: 1) je suis en mesure de confier le travail à quelqu'un qui va faire bien et vite (pas d'effet de la courbe d'apprentissage tant redoutée),2) ma valeur ajoutée est démultipliée car je prends la bonne décision 3) j'ai démontré auprès de mon client que je maitrise cette technique puisque je sais m'en servir et que je sais en tirer les bénéfices pour moi mais également pour lui.

Face à l'expression "mais ce n'est pas vous qui l'avez fait" il est facile de rétorquer "est-ce l'architecte qui construit ?" non !il dirige son chantier tout comme vous l'avez fait avec votre équipe.


Finalement

Il suffit de faire un calcul à partir de quand la courbe s'inverse ? Sur une intégration immédiate sans recul de la technologie, le recourt à un exécutant est facile, efficace et donne lieu à de bon résultat. Lorsque le savoir-faire technique sur l'outil est arrivé à un bon niveau de maturité, combiné au savoir-faire métier il surpasse tout expert du produit. L'internalisation est donc la seule voie à choisir.

Il n'y a pas de secret mais il n'y a pas non plus de formule toute faite, les Organisations doivent choisir sans exclure tour à tour un mix de toutes ses possibilités en fonction de leurs enjeux, du positionnement de leur image et de budget. Pas de frein, que des opportunités, la courbe d'apprentissage n'est qu'un phénomène observable, elle ne doit pas être une conclusion pour différer le progrès.




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